Édition publiée le Mercredi 15 Janvier 2025
Vivre l’économie de la fonctionnalité et de la coopération – telle est l’accroche de l’ouvrage Économies poétiques que signent Romain Demissy, économiste (Atemis) & Thomas Demoulin, poète (et enseignant).
Une œuvre profonde et originale (disponible en quelques clics) qui donne accès aux « trajectoires EFC » de dix des adhérents du Club Noé.
Lors de son séminaire de Septembre 2024, le Conseil d’Administration du Club Noé a pu mettre au travail l’hypothèse d’un principe de co-présidences pour faire suite au mandat de Christian Rocquet, Président de l’association jusqu’alors.
Le Conseil d’Administration a délégué les deux salariés de l’association pour proposer des co-Président.e.s en fonction d’une décomposition par enjeux, à partir des besoins et contraintes réelles qui mouvementent la vie de l’association.
Émerge alors le besoin d’un ou d’une responsable qui puisse être garant(e) de la coopération – nous aider à arbitrer, à réguler – et d’autres qui puissent porter les enjeux institutionnels, politiques, les enjeux de démonstration, de représentation.
Dans toutes ces charges, une métaphore a aidé à structurer la proposition. Positionner un(e) administrateur(trice) dans la vitrine, d’autres dans la boutique et quelqu’un, dans une ombre relative, en charge de l’arrière-boutique.
Ces trois dimensions ne font pas appel aux mêmes compétences, aux mêmes expériences, aux mêmes aspirations à se mettre en avant ou en retrait de la représentation physique du Club Noé. Ce ne sont pas les mêmes espaces qui sont investis. Cette décomposition a permis de proposer les administrateurs ci-dessous de manière justifiée à partir du réel.
Il faut donner à voir – avant de pouvoir faire vivre – susciter l’intérêt.
On ne s’arrête pas trop longtemps, dans la marche du quotidien. Le temps est compté. Faut-il savoir captiver – se rendre accessible.
Que la foule passe son chemin ou qu’un autre s’y aventure, faut-il avoir pu éclairer.
L’administrateur du Club Noé qui prend en charge cette co-présidence de premier plan est le co-dirigeant de l’agence digitale et incubateur de projets nommée Les Fabricants.
Pousser la porte du Club Noé, faut-il pouvoir bien accueillir, rendre service, faire communauté, organiser ce qui ne se décrète pas : la coopération.
Comment pourrais-je me rendre utile ? – Collectivement, on y voit plus clair.
Le Club Noé est un opticien. Dans la boutique, on essaye des lunettes. Pas n’importe lesquelles. Avec l’EFC, on y voit autrement. Il y a quelque chose de partager, quelque chose à défendre : le projet politique.
Audrey Lefebvre (Aeneis) est chargée de mettre au travail les enjeux politiques de l’association. Cette coprésidence lui est attribuée de part son expérience et le travail qu’elle engage de longue date à une échelle politique (et non pas politicienne).
En plus de son implication dans un dispositif ATEMIS pour penser les enjeux politiques relatifs à l’EFC, Audrey travaille régulièrement avec le secteur associatif, secteur éminemment touché par les enjeux politiques.
La nouvelle année est ce moment particulier où se mêlent renouveau et continuité. Continuité dans nos engagements qui, année après année, nourrissent notre action. Renouveau dans notre capacité à prendre de la hauteur, à transformer nos indignations en projets porteurs de changement.
En ce début 2025, je souhaite que nous puissions, ensemble, poursuivre ce travail essentiel : mettre en perspective nos colères légitimes, pour en faire la matière première d’un projet politique fédérateur. C’est dans cet esprit que je compte bien contribuer à orienter notre action collective en tant que co-présidente en charge des enjeux politiques, comme une invitation qui nous est faite à tous·tes à vivre de nouvelles formes de dialogue démocratique.
Anthony Lecerf est nommé à la charge des enjeux de coopération (et détient la responsabilité légale de l’association).
Sa participation très active dans de nombreux dispositifs de l’association, sa maîtrise de la doctrine de l’EFC (enjeu central pour animer cette exigeante coopération) et les repères professionnels qu’il développe à travers son propre métier de garant de la coopération d’une communauté professionnelle dans le numérique (IT on us), font de lui un coprésident particulièrement pertinent à cette mission.
Chers membres, engagés ou sympathisants,
En ce début d’année, je vous adresse tous mes vœux de santé, d’émancipation et de réussites collectives. Que 2025 soit une année marquée par une prise de conscience accrue des contraintes de chacun dans son activité, une année où nous pourrons vous aider à interroger le travail réel pour mieux prendre en charge les défis que nous partageons.
En tant que co-président de la coopération, je tiens à souligner l’importance de temps collectifs dédiés à la prise de recul sur nos pratiques. C’est l’une des clés principales pour se libérer des rapports de domination et progresser vers une économie plus juste, au service de la santé des humains et du vivant.
Souhaitons donc que cette année soit celle de projets renforçant la coopération et de transformations concrètes de nos pratiques qui inspireront progressivement des changements profonds dans nos territoires !
Très bonne année 2025 à tous !
Des piles d’archives se superposent, toute une histoire institutionnelle – des histoires relationnelles – des contraintes à prendre en compte et de nouvelles à partager.
L’arrière-boutique c’est aussi la fabrique. Il faut coconstruire – avec des partenaires – discuter du financement, évaluer ce qu’il reste dans nos cartons – des ambitions – tout ce qui a été engagé et ce qu’il reste à investir – pour travailler.
Julien Da Costa (de l’imprimerie partagée) est chargé des enjeux institutionnels, de pair avec celui du financement de l’association et de ses actions.
Sa nomination à cette coprésidence est une suite opérationnelle à un long travail qu’il a déjà pu mener à travers le déploiement de l’EFC au Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), mais aussi et entre autres de par l’expérience d’une Présidence de l’Institut Européen de l’EFC (IEEFC).
Un enjeu plus singulier lui est confié : la question (qui n’est actuellement qu’une question à mener et non une certitude à employer) du déploiement national du Club Noé.
Chers adhérents,
Bonne année à toutes et tous ! Je regarde 2025 avec une certaine curiosité, tant cette année s’annonce marquée par l’instabilité et les incertitudes.
Face à un monde en mouvement, la question n’est pas seulement de s’adapter, mais de proposer des réponses aux défis que nous partageons.
C’est exactement ce que nous faisons ensemble au sein du Club Noé. Avec cette gouvernance partagée, nous faisons un pas collectif vers une organisation à notre image : coopérative, engagée, et connectée à notre réalité.
C’est une expérimentation qui parle de nous, de ce que nous sommes et de ce que nous voulons construire ensemble.
J’ai la chance de pouvoir y participer en tant que co-président en charge des relations avec les institutions et du financement, mon rôle est de faire en sorte que le Club Noé dispose des ressources nécessaires pour assurer sa mission dans de bonnes conditions.
Merci pour votre engagement et votre confiance. Que cette année soit une année d’expérimentation, de propositions, et de valorisation de nos pratiques.
Julien Da Costa
L’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération est un ensemble de points de repères œuvrant à soutenir, impulser et orienter les expérimentations concrètes de nos adhérents. En voici la retranscription du second numéro à partir du témoignage de Caroline Lavalley !
J’ai la fibre.
Pour avoir la fibre, pour assurer ma connexion, il m’a fallu me confronter à la logique industrielle. Inévitablement, malgré la lutte que je livre depuis ma prise de poste dans l’association, elle sévit dans les moindres détails de mon quotidien. Difficile d’échapper à cette sournoise.
Un rendez-vous a été coopté avec des techniciens de l’opérateur pour lequel j’ai souscrit. La veille, l’un d’eux me contacte par téléphone pour me confier qu’il ne passera pas. Que ce n’est pas possible de tirer les câbles.
J’attends plus d’un mois avant qu’un prestataire (on ne peut plus externe à l’opérateur en question) me joigne. Dans les jours qui suivent, lui et son collègue interviennent. Ils comprennent et m’exposent qu’il n’y a pas de problème particulier pour tirer les câbles, mais une question de temporalité. L’agencement de mon bâtiment implique une intervention de toute une demi-journée.
Les techniciens de l’opérateur qui ont préféré se décharger de ma patate chaude sont eux soumis à des objectifs de nombre d’interventions. C’est ce que m’explique les deux prestataires. Devant la complexité relative de mon raccordement, ils n’y ont pas trouvé leur compte. Si l’intervention nécessite 30 minutes de travail sur place ou 3 heures, cela ne change rien à leur rémunération ou aux objectifs quantitatifs à remplir dans leur organisation.
Les prestataires à mon secours ne sont pas autant soumis à la mesure. Ils ont une mission évaluée autrement. Ils doivent rendre des comptes sur le fait de débloquer ma situation. Ils prennent en photo les preuves de leur travail, de la créativité et de l’ingéniosité qu’ils ont dû engager pour tirer ces câbles.
Je n’ai pas encore la fibre.
J’écris cette chronique pendant un entre-deux. Les prestataires m’ont assuré qu’ils auraient pu finir de me raccorder à internet suite à leur intervention, mais qu’ils n’ont pas le droit. Je comprends que la logique industrielle n’a pas dit son dernier mot. Contractuellement, les techniciens de l’opérateur se sont réservés le droit d’être les seuls à pouvoir réaliser la dernière toute petite manipulation. Le plus gros étant fait, pourquoi ne pas flécher une intervention supplémentaire – superflue – venir mettre la cerise sur le gâteau – pour gonfler leurs chiffres ?
Je n’en veux pas aux techniciens. Du moins je ne crois pas. Je ne peux tout savoir de leurs contraintes et de leur travail. J’en veux à cette mécanique impertinente qui pollue nos rapports économiques et sociaux, qui produit plus de non-dits que de confiance. Il y a eu pas moins de trois déplacements significatifs de gros véhicules de chantier polluants. Il y a eu de la tension entre des Hommes, des rapports de force, de l’inutilité. Il y aurait pu avoir du bon sens – d’autres modèles économiques.
Maxime – animateur du Club Noé
En ce début d’année 2025, votre club vous met au défi.
Ecrivez une lettre à destination du Club Noé (ou par mail en contactant directement les deux salariés de l’association : simon.ledez@clubnoe.com & maxime.salley@clubnoe.com).
Cette lettre doit être une expression de votre subjectivité la plus complète à l’égard de votre trajectoire. Votre trajectoire dans l’évolution de votre propre activité professionnelle, les transformations en jeu dans votre organisation, mais aussi votre trajectoire personnelle au sein du Club Noé.
Tout au long de l’année et jusqu’à Janvier 2026 où nous vous inviterons à renouveler l’exercice, ces lettres auront de nombreux usages (dans le respect de votre confidentialité), à commencer par observer l’écart avec votre prochaine lettre l’année prochaine !
Merci d’avance de jouer à notre jeu !
Jeudi 27 Mars de 14h à 17h par visioconférence (via Zoom), se tiendra la prochaine rencontre entre adhérents du Club Noé. Ces rencontres sont immanquables en ce qu’elles ne manquent pas de vous bousculer. Effets miroirs des pratiques des uns vers les enjeux de transformation des autres, initiation de coopérations stratégiques, mise en discussion collective autour d’enjeux précis du référentiel de l’EFC : bloquez vos agendas ! Plus d’informations et inscription par ce lien.